Imprimer

Vie et Sciences de l'Entreprise N° 206Notre volonté d’asseoir la recherche autour des enjeux des entreprises au sens large nous conforte dans ce souhait de rester ouvert à toutes formes de recherche, avant-gardistes comme conventionnelles. Bien que la structuration d’un travail académique se doive de respecter une certaine forme de structuration afin d’en satisfaire le protocole scientifique connu et reconnu par nos communautés scientifiques de nos domaines de spécialisation, nous nous devons une ouverture intellectuelle aux autres formes d’apports. Démarche portant tout son sens dans une
société en perpétuel mouvement… Mais démarche difficile à satisfaire au quotidien : nous nous devons de sortir des sentiers battus et aller au-delà de nos zones de
conforts. Ce numéro 206 est le fruit de cette recherche d’ouverture intellectuelle avec neuf contributions qui vous sont présentées ici (sept articles et deux tribunes).

Ce numéro comprend des travaux de jeunes chercheurs autour de sujets d’actualité qui impacteront bien plus que leurs propres contributions. La façon de collecter des données pour nos travaux de recherche va profondément être modifiée avec le Big Data, les restructurations des collectivités publiques s’inscrivent dans des enjeux de territoires non plus locaux mais mondiaux, l’interpellation de l’armée française dans sa capacité à faire émerger des leaders alors que la multiplication et la complexification des conflits ne rendent pas la chose aisée…

Ce numéro comprend aussi des travaux de chercheurs plus expérimentés, mais qui contribuent également à interpeller les mutations sociétales dans nos organisations et nos territoires en mouvement. La complexification des relations entre les ONG et les entreprises y est abordée (ces acteurs sont de plus en plus à même de collaborer et de travailler ensemble autour d’effets d’apprentissages multiples et croisés), les réseaux sociaux et la e-réputation pour un acteur historique qu’est la SNCF ou encore la capacité à initier des démarches collectives dans des territoires ruraux tels que la Creuse.

Tout cela pour vous dire que nous avons fait preuve d’ouverture avec le comité de rédaction et les évaluateurs que nous remercions à nouveau (sans eux, rien ne serait possible !!!) pour vous proposer ce numéro 206.

Les quatre premiers articles sont issus du prix de thèse de l’association ANDESE (portant la revue VSE). Le premier a été réalisé par Thomas Renault autour du Big Data et des impacts qu’induit cette nouvelle technologie dans la recherche en finance (la collecte de données étant indispensable dans tous travaux de recherche, une réflexion autour de ces enjeux n’est pas dénuée de sens pour les chercheurs que nous sommes). Le deuxième article a été effectué par Brice Fabre où il nous propose une revue de littérature sur les facteurs politiques des finances publiques locales. Les multiples réformes de ces collectivités locales (loi pacte de 2016, fusion des régions, des agglomérations et des communautés de communes, suppression à terme de la taxe d’habitation…) donnent à ce travail un intérêt tout particulier tant la prépondérance du politique est d’actualité. Helen Micheaux a pu réaliser un article sur la responsabilité élargie du producteur face à la contrainte de la gestion des déchets (réflexion autour de la création du déchet puis de l’organisation collective de son traitement). La complexification des relations socio-économiques entre parties-prenantes oriente les acteurs à des démarches partagées et globales. Enfin, Gabriel Morin a réalisé un travail sur la fabrication institutionnelle du leadership au sein de l’armée française. La conception du leader n’est toujours pas arrêtée dans le sens où certains affirmeront qu’elle dépend intrinsèquement de l’individu alors que d’autres vous assureront qu’elle peut être à l’origine de formations et d’expériences appropriées. Le cas d’étude qu’est l’armée française rend la lecture de cet article riche en enseignement.

Les cinq autres contributions sont plus diverses quant aux thématiques abordées avec trois articles et deux tribunes. Mehdi Herault-Zérigui aborde la place du dialogue dans les rapports entre les ONG et les entreprises. Chacune ayant des attentes et donc des finalités différentes, il convient de travailler en amont les points de collaboration pour conforter la réussite des projets sociétaux initiés. Hela Cherif Ben Miled, Sophie Cros et Florent Pratlong aborderont les enjeux des réseaux sociaux et de la e-réputation pour des organisations en cours de mutation (ici, la SNCF). Il est tout à fait intéressant de porter un regard sur des organisations existantes avec des modèles économiques à faire évoluer : on peut ainsi y comprendre les enjeux de ces nouveaux outils digitaux mais aussi la capacité d’initier des démarches de changement. Marius Chevallier vient quant à lui nous expliquer la façon dont on peut construire des dynamiques participatives au sein d’un réseau d’acteurs. La spécificité du secteur (ici, le lien social) et du territoire (au sein du département de la Creuse en Nouvelle-Aquitaine) donnent un angle original pour repenser les démarches participatives aujourd’hui.

Concernant les deux tribunes, Boniface Bampoky viendra décrire la perception du processus de normalisation OHADA au Sénégal à travers une démarche pragmatique (et donc abordable pour le plus grand nombreux d’entre vous). Jean- Pierre Estival cherchera à phosphorer sur la mesure de l’inflation dans nos sociétés libéralisées, individualisées et mondialisées… Une notion clairement complexe et difficile à mesurer dans ce monde en perpétuelle évolution…

A la fin de ce numéro 206, vous pourrez aussi y trouver les notes de lecture de Daniel Bretones et Jean-Jacques Pluchart que nous remercions pour ce travail.

Chers lecteurs, merci pour l’intérêt que vous porterez à ce numéro 206.
Thibault et Anne