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Vie et Sciences de l'Entreprise N° 204 - Notes de lecture

OR, ARGENT ET FOLIES DES GRANDEURS, Giraudo A., Eds Economica, 158 p.

Préfacé par Jacques ATTALI qui observe d’emblée « il faut absolument le lire pour comprendre la réalité de l’économie… ». Cet ouvrage du Chef Economiste du groupe international Tradition, Alessandro GIRAUDO, recouvre à la fois l’histoire économique et celle tourmentée de la monnaie et de l’or, tout en soulignant au fil des pages l’impressionnante culture de son auteur. En effet sans l’or nubien, l’Egypte des pharaons n’aurait pas résisté aussi longtemps ; sans l’argent des mines du Laurion, Athènes n’aurait pas vécu la splendeur du Vème siècle. Philippe II de Macédoine et les mines d’or de Pangée ont créé les conditions du succès d’Alexandre le Grand ; Les légions romaines n’auraient pas été si puissantes sans les mines d’or de Las Médulas et de Rosia Montana et celles d’argent de Rio Tinto. L’expansion des califats musulmans a été financée par les mines d’argent andalouses, iraniennes et la grande mine afghane de Benjahir. Les Croisades ont été largement payées par l’argent des nouvelles mines découvertes dans l’Europe Centrale. Le trésor des Song et les mines d’or du Yunnan ont contribué aux fulgurantes conquêtes de Gengis Khan. Les mines d’argent de Potosi et de Zacatecas dans le Nouveau Monde ont largement participé au financement du siglo d’oro et des tercios des rois de l’Espagne du XVIème siècle. L’or brésilien a retardé la chute de l’Empire portugais et la sterling d’or, produite avec le métal provenant surtout de la Guinée équatoriale a contribué à l’essor de la British Navy et de la puissance britannique qui utilise la Cavalerie de Saint Georges (l’or versé aux alliés) pour combattre contre Napoléon. Au cours des XVIIIème – XIXème siècles, l’expansionnisme russe s’est appuyé sur les mines d’or sibériennes et l’or californien a partiellement financé la guerre de Sécession et favorisé le développement de l’économie américaine. Le métal jaune a été essentiel dans l’effort spasmodique des belligérants des deux guerres mondiales et Hitler a pu acheter les métaux stratégiques en les payant avec des lingots d’or… Or et argent ont financé les folies des grandeurs des empires et des royaumes… Aujourd’hui, si l’or continue de fasciner, c’est aussi le « quantitative easing » qui est venu relayer ce mirage que porte par leur absence de lucidité nombre de gouvernements des pays dits développés.

Après des études à Turin, Gênes, Berkeley et Salzburg, Alessandro GIRAUDO est Chief Economist du groupe international Tradition. Il enseigne « Finance » et « Histoire économique de la finance » à l’ISG-Paris.

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