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VSE 202 Capital Humain

LA SOCIETE POST-INDUSTRIELLE

L’auteur (ingénieur et sociologue) s’efforce de conjurer trois grandes menaces pesant sur la société « hyper-industrielle » : la désindustrialisation, la dématérialisation de l’économie et la robotisation de la société. Il relativise les effets de la désindustrialisation, qui, selon lui, affecte peu l’économie occidentale. La France ne compte officiellement plus que 3 millions d’emplois manufacturiers et seulement 10% de son PIB sont désormais engendrés par l’industrie, mais en réalité, l'industrialisation recouvre une « organisation systématique et numérisée de procédés » qui régit la plupart des services, notamment financiers.  L’auteur pourfend également l’idée reçue selon laquelle « le robot tue l’emploi ». Selon lui, seuls 10% des postes de travail seraient menacés, la plupart des emplois étant « transformés » dans le cadre de « plateformes » recouvrant des « infrastructures numériques et économiques de co-production ». Les emplois s’y trouvent démultipliés sous de nouveaux statuts de salariés et d’entrepreneurs. Pierre Veltz conteste également la vision d’une société dématérialisée. Il objecte que les nouveaux produits – comme les mobiles et les objets connectés – ne se substituent pas aux anciens, mais qu’ils en intensifient l’utilisation. Il prévoit donc l’avènement d’une société « hyper-industrielle », structurée en écosystèmes, en complexes industrialo-universitaires et en métropoles organisées en réseaux. Il en déduit qu’il ne faut plus préserver les emplois non délocalisables mais plutôt attirer les investisseurs et les talents.  Il conclut en soulignant les atouts français dans le développement d’un « nouveau capitalisme productif ».

Editions Seuil, 128 pages.

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