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VSE 187 - Vie et Sciences de l'Entreprise - Prix de thèse 2010

Marier stratégie et création de valeur : le build up

Résumé :

L’âge d’or du capital investissement est bien derrière nous. Après quelques années d’une croissance parfois folle facilitée par l’appétit des banques en matière de financement, le capital investissement en général, et le LBO en particulier, sont désormais confrontés à une sorte de crise existentielle. Montages financiers en difficulté, rendements en berne, levées de fonds difficiles… le panorama général est plutôt sombre.
À l’instar du capital-risque du début des années 2000, le LBO des années 2010 est sans doute appelé à un profond « ménage », sans doute pour avoir oublié en chemin sa fonction essentielle : celle d’un actionnaire actif et créateur de valeur dans la durée pour les souscripteurs de ses fonds.

Abstract :

The private equity golden age is far behind. After a few years of a sky rocketing growth, sometimes crazy, supported by the banks appetite as far as financing is concerned, private equity is facing an existential crisis. Financial arrangements in trouble, declining returns, difficult fund raising... the global panorama is rather dark.
Like venture capital in the beginning of the 2000’s, the 2010 LBOs’ will have without any doubt to be “redesigned” because their main essential function has been forgotten: being an active and value creating shareholder in the long term for the funds subscribers.

INTRODUCTION

La création de valeur s’appuie toujours sur les trois facteurs fondamentaux classiques : l’amélioration opérationnelle de l’entreprise (qui se traduit par la croissance des revenus et des résultats), la génération d’encaissements et la capacité d’arbitrage - soit la différence entre le prix d’entrée et de sortie dans une opération. La réussite d’un LBO repose donc principalement sur la sélection attentive de l’entreprise, la structuration de l’opération, l’excellence de l’exécution du plan d’affaires, la capacité de négociation à l’achat comme à la vente, ainsi que la temporalité de l’opération au regard notamment de la cyclicité des activités.

La financiarisation extrême et la longue hausse des multiples de valorisation ont eu raison de l’équilibre de ce modèle : dès lors que l’effet de levier (avec ses multiples tranches seniors, juniors, intermédiaires, amortissables, in fine, PIK…) et la hausse des multiples procuraient un TRI élevé en peu d’années, il devenait tentant de se dispenser d’approfondir les démarches opérationnelles.
D’autant que, à une époque pas si lointaine où un LBO de Place changeait de mains tous les 18 à 24 mois, une démarche de création de valeur structurelle ou stratégique prenait de son côté au minimum 4 à 5 ans…

Certains acteurs du marché ont suivi avec succès une voie différente en restant fidèles à cette logique de création de valeur dans la durée qui fait tout l’intérêt du capital investissement. Pour « Industries & Finances Partenaires », elle consiste à systématiser une stratégie programmée de regroupements sectoriels, le « build up ». L’objectif est de réaliser un ensemble d’acquisitions mené par un holding ou une entreprise en vue de construire, dans un secteur d’activité choisi, un groupe plus important et plus rentable, développant une stratégie de leader de marché.

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