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VSE 183-184 - Vie et Sciences de l'Entreprise

Mesurer les coûts de la non-coopération européenne en matière énergétique

Résumé :

L’objectif de notre article est de discuter l’efficacité de la coordination européenne en matière électrique. A cette fin, nous développons différents indices qui permettent de comparer les performances des économies européennes au regard des grands objectifs en termes énergétiques (soutenabilité, compétitivité, sécurité d’approvisionnement). Nous montrons que de tels indices permettent également d’apprécier le degré d’efficacité de la coopération des pays européens.

Mots clés : Politique énergétique, électricité

Abstract:

Our paper aims at assessing the efficiency of the European coordination in the field of electricity. For that purpose, we develop various indices allowing a comparison of the European countries as regards the adequacy of their performances with main European goals in terms of energy policy (sustainability, competitiveness, safety of supply). We show that such indices can provide an assessment of the efficiency regarding the coordination between European countries.

Keywords : Energy policy, electricity

INTRODUCTION

L’énergie ayant joué un rôle important dès les origines du projet européen dans les années 1950 (notamment autour du charbon), il est paradoxal de constater en 2010 une absence de politique intégrée en ce domaine. Avec l’adoption du paquet énergie-climat fin 2008, un « cap » a certes été fixé pour l’UE, mais avec des moyens relevant essentiellement de la responsabilité des Etats. Les limites de ce modus operandi sont de deux ordres principaux : primo, les pays membres sont trop petits pour relever seuls les grands enjeux du réchauffement climatique et de la sécurité des approvisionnements énergétiques ; secundo, l’intégration croissante des économies nationales crée des interdépendances peu compatibles avec des politiques énergétiques insuffisamment coordonnées.

Notre article est destiné à illustrer la portée de ce déficit de coordination, en nous centrant sur le domaine de l’électricité. Les coûts induits par un tel déficit sont divers et demeurent, dans bien des cas, relativement abstraits ou difficiles à cerner dans leur globalité. Pour cette raison, nous proposons de développer ici une série d’outils « didactiques » afin d’évaluer ces coûts au regard des objectifs exposés dans le livre vert de mars 2006 définissant « une stratégie européenne pour une énergie sûre, compétitive et durable » [CCE, 2006], objectifs censés orienter les politiques nationales et la politique de l’Union.

Rappelons que ce livre vert énonce trois objectifs : la soutenabilité (développer les énergies renouvelables, freiner la demande européenne et limiter le changement climatique), la compétitivité (ouvrir les marchés pour stimuler notamment les investissements, atténuer l’impact de la hausse des prix internationaux pour les consommateurs européens et maintenir l’Europe à la pointe des technologies énergétiques) et la sécurité des approvisionnements (réduire les importations hors de l’UE, diversifier les sources et les voies d’approvisionnement, améliorer les moyens de faire face aux situations d’urgence et garantir un accès à l’énergie aux citoyens et entreprises européens).

Nous proposons ici de définir des indices permettant de mesurer les performances des pays européens, au regard de ces trois types d’objectifs, en matière électrique. Après avoir posé les principes de la méthode mise en œuvre, nous élaborerons un indice de performance dans le domaine de la production électrique, puis de l’approvisionnement électrique, afin d’illustrer la manière dont de tels indices peuvent permettre de chiffrer le déficit de coordination européenne.

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