Font Size

Cpanel

VSE 182 - Vie et Sciences de l'Entreprise - Prix de thèse 2008

Editorial V&SE N° 182 - Prix de thèse 2008

Le prix de thèse de l’ANDESE est le fruit d’un processus de sélection de travaux originaux réalisés par des jeunes chercheurs œuvrant au sein de l’ensemble des écoles doctorales. Le jury, animé par Mme Denise Flouzat, professeur émérite de l’Université Paris I Panthéon Sorbonne a sélectionné quatre travaux pour cette édition 2008 du Prix de thèse.
Le Prix et les trois accessits de l’année 2008, ont été remis aux impétrants présents par M. Michel Pébereau, Président du groupe BNP PARIBAS.

Cette sélection met en évidence la grande variété des travaux réalisés dans les universités françaises. Dans ce numéro nous présentons des articles concernant l’économie bancaire, la sélection des personnels, le coaching ou l’image de la marque de service.

Nous avons complété ces articles portant sur les Prix de Thèse par les travaux de Patrick Haim sur un modèle systémique en contrôle de gestion et ceux de Jocelyn Husser sur la théorie des conventions.

Georges Gloukoviezoff, lauréat du prix de thèse ANDESE, explore le phénomène d’exclusion bancaire des particuliers, défini comme le processus par lequel une personne ne peut plus mener une vie sociale normale en raison de difficultés bancaires d’accès ou d’usage. L’exclusion est envisagée ici comme la conséquence possible d’une tension socio-économique, entre la nécessité pour l’ensemble de la population, de recourir aux services bancaires d’une part, et les contraintes de rentabilité auxquelles sont soumis les établissements de crédit qui distribuent ces produits d’autre part. Il s’agit donc d’analyser l’influence, sur la situation des particuliers, de la qualité de la prestation de services bancaires, en fonction du contexte institutionnel au sein duquel elle se développe. Pour l’auteur la clef des difficultés est à rechercher dans la qualité de la relation bancaire. L’observation des pratiques en matière de microcrédit personnel et de médiation de proximité en France et en Europe montre qu’il est possible de développer une prestation bancaire économiquement supportable et satisfaisante. Au regard des expériences étrangères seule une régulation bancaire basée sur l’évaluation des mécanismes des établissements au regard d’objectifs clairs d’inclusion bancaire, la mise en œuvre de mécanismes de sanction et d’incitation, et des modalités de péréquation financière entre les différents acteurs du secteur bancaire peut y parvenir.

Sabrina Teyssier a développé ses recherches sur la thématique suivante « Aptitude, préférences et sélection des travailleurs ». L’objectif de sa thèse est de montrer que la variété des rémunérations n’est pas seulement associée à la diversité des caractéristiques des entreprises mais à l’existence de différents types de travailleurs. Dans ses travaux une voie de sélection de la main-d’œuvre ne passant pas par des méthodes directes (entretiens d’embauches, tests psychologiques, période d’essai) est envisagée. Il s’agit principalement d’étudier l’auto-sélection des travailleurs en fonction de leurs préférences intrinsèques et l’impact de cette auto-sélection sur l’efficience du marché. Les résultats obtenus montrent que la coexistence sur le marché du travail de différents modes de rémunération indexés sur la performance des employés peut également correspondre à l’existence de différents types de travailleurs.

La thèse de Pauline Fatien propose une compréhension de l’intérêt porté au coaching individuel en entreprise aujourd’hui. Elle défend la thèse suivante : l’intérêt pour le coaching serait lié à sa malléabilité qui permet de maintenir une certaine ambiguïté sur les raisons de sa mobilisation par différents acteurs du dispositif coaching, pour répondre aux règles du « jeu » organisationnel, reposant sur la mobilisation du « je ». Cette malléabilité place la pratique en tension entre différents pôles, ouvrant des espaces de pouvoir dans les organisations. Le coaching s’inscrit alors dans cette « googlelisation » des organisations, caractérisé par un nouvel investissement de l’entreprise par le salarié, recherchant un « équilibre subtil » entre réalisation personnelle et professionnelle. Ce nouveau contexte hypermoderne qui apparemment redistribue les rapports de force le fait certainement au profit de ceux qui savent se saisir des nouvelles marges de manœuvre offertes par de tels contextes.

Christèle Camelis a centré ses travaux sur l’influence de l’expérience sur l’image de la marque de service. Au-delà de la construction d’une image de marque elle a développé ses recherches sur la construction d’une image de marque forte et stable dans l’esprit du consommateur. Le contenu de l’expérience de consommation du service apparaît comme fondamental dans la création ou dans la stabilisation de l’image de marque associée dans l’esprit du consommateur. Cette image de la marque est formée de cinq dimensions (cognitive, sensorielle, émotionnelle, comportementale et sociale). La gestion de la marque et de son image à travers l’expérience s’inscrit dans le temps et dans la durée. Tout changement d’expérience semble se traduire par un changement d’image, et inversement, toute modification d’image souhaitée semble devoir passer par une modification de l’expérience vécue. L’expérience constitue la clé de voûte de la formation de l’image de marque dans l’esprit du consommateur. A ce titre l’entreprise doit apporter toute son attention et son savoir-faire à la formation de l’image de marque.

Jocelyn Husser nous montre que la théorie des conventions peut servir à expliquer le marché et l’organisation, l’institution et l’entrepreneur, la rationalisation explicite et implicite, le gouvernement de l’entreprise et l’organisation. Ses travaux l’amènent à considérer que cette théorie propose aux managers de travailler les modes de coordination de façon originale, à partir de l’observation de l’espace de travail et à partir de deux axes indissociables : les actions et les représentations. Elle propose un dépassement théorique de la boîte noire des organisations et peut éclairer les liens complexes entre gouvernance et source de création de valeur. Elle représenterait un cadre de référence pertinent pour aborder de façon originale le comportement et la représentation des acteurs, et notamment les dirigeants et cadres intermédiaires dans un contexte de changement organisationnel, source de création de valeur pour l’organisation.

L’approche du contrôle de gestion présentée par Patrick Haim montre que l’utilisation d’un processus global de gestion permet d’éviter la spirale dangereuse de la « réduction des coûts » comme usage principal des outils de contrôle. Le modèle proposé permet de tracer les performances des personnels dans l’entreprise, sous leurs différents aspects, et de mieux les récompenser pour accroître leur motivation. Cette réflexion part du principe que la création de valeur s’appuie sur des hommes et que c’est en motivant ces derniers que l’entreprise gagnera en performance.

Vous êtes ici : VSE 182 - Prix de thèse ANDESE 2008 Editorial V&SE N° 182 - Prix de thèse 2008