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VSE 179-180 - Vie et Sciences de l'Entreprise

Editorial

Face à une complexification croissante des risques des entreprises et à l’intervention importante d’acteurs influents, telles les ONG, l’attention de l’entreprise aux questions sociétales et environnementales apparaît nécessaire pour pallier l’émergence d’un nombre croissant de conflits potentiels. L’ampleur des risques et leur imprévisibilité grandissante ne cessent de générer des coûts toujours plus conséquents pour les entreprises. Les notions de développement durable et de gestion des risques mettent ainsi en jeu une interdépendance entre les impératifs de création de valeur et la nécessaire responsabilité socio-environnementale de l'entreprise reposant sur trois piliers – économique, social et environnemental. Le développement durable traduit ainsi la volonté de « répondre aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs » (Brundtland, 1987) .

De nombreux enjeux sont au cœur des défis de demain. Au point de vue social, la gestion des risques et le management du développement durable imposent le respect des milieux naturels (air, eau, sol, …) et la protection des grands équilibres (climat, biodiversité, océans, forêts, …) pour assurer une planète vivable … la gestion optimale des ressources épuisables (pétrole, gaz, charbon, minerais,…) et la promotion des ressources renouvelables pour s’engager dans une économie viable ... la préservation de notre environnement culturel et la transmission des savoirs humains pour permettre un développement équitable. Au niveau économique, l’intégration du développement durable et de la gestion des risques nécessite la recherche de l’efficacité économique par la maîtrise des coûts et l’optimisation des ressources pour soutenir une croissance viable ... la création de valeur et le respect des fondements éthiques pour encourager une répartition équitable des richesses ... la valorisation des actifs naturels (renouvelables et non-renouvelables) et du capital culturel pour contribuer à un environnement vivable. Sur le plan environnemental, le management du développement durable et la gestion des risques requièrent la lutte contre toutes les formes d’exclusion (sociale, professionnelle, culturelle, …) pour construire une société équitable ... la satisfaction des besoins essentiels de la population (le travail, l’éducation, l’habitat, l’alimentation, les soins, …) pour promouvoir une économie viable ... la sauvegarde de l’identité culturelle, de l’intégrité physique et de la diversité biologique pour préserver un environnement vivable.

Si les entreprises s’approprient ces concepts, la mise en œuvre de la gestion des risques et du développement durable dans leurs pratiques reste très contestable. Si les thèmes semblent socialement incontournables, les intentions des entreprises, malgré leurs déclarations, demeurent énigmatiques. La réussite d’une mise en œuvre conjointe nécessite une prise de conscience par ces entreprises de la finalité des concepts pour institutionnaliser une réelle prise en compte du développement durable.

Ce numéro spécial, « Développement Durable et Gestion des Risques : quels enjeux pour quelles décisions »? , réunit une sélection de communications rédigées par des chercheurs d’horizon très variés tels que les sciences de l’ingénieur, le management ou encore les sciences politiques et juridiques. Khéloufi Benabdeli et Djamila Harrache proposent une étude très pertinente des indicateurs du développement durable en milieu industriel en lien avec l'intégration de la gestion des risques à la stratégie des entreprises. Dominique Drillon et Hugues Poissonnier réalisent une étude approfondie des contributions théoriques de l’incorporation du développement durable aux pratiques de la gestion des ressources humaines. Fabrice Mauléon présente sous un angle original la démarche de responsabilité sociale et environnementale de l’entreprise au regard de la mobilisation d’arguments juridiques et légaux. Claire Auplat analyse l’intégration du management des risques appliqués au secteur des nanotechnologies dans le cadre d’une prise en compte des institutions et organisations. Bernard Quinio et Gilbert Réveillon présentent une étude sur les développements du Green IT au regard de l’utilisation des univers virtuels par l’entreprise et des implications déduites en matière de développement durable. Ces différentes approches mettent en lumière la nécessaire intégration du développement durable à la stratégie de l’entreprise, au quotidien.

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