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Sommaire

DEVELOPPEMENT DURABLE ET GESTION DES RISQUES : QUELS ENJEUX POUR QUELLES DECISIONS?

LA REDACTION
Daniel BRETONES

EDITORIAL
Sophie GAULTIER-GAILLARD & Florent PRATLONG

ETUDES
Khéloufi BENABDELI et Djamila HARRACHE

Quels indicateurs du développement durable en milieu industriel pour conforter la gestion du risque ?

Hughes POISSONNIER et Dominique DRILLON
Le développement de la gestion durable des ressources humaines : un éclairage par les outils de pilotage des performances.

Fabrice MAULEON
Les obligations réglementaires en matière de communication extra financière des entreprises : la gestion des risques de contentieux par la transparence.

Claire AUPLAT
New dynamics in risk management : a case analysis of the emergence of nanotechnologies.

Bernard QUINIO et Gibert REVEILLON
Economie 3D et intégration des univers virtuels en entreprise : l'apport écologique des TIC.

Marc ARBOUCHE
Le développement durable : des enjeux renouvelés pour le management des ressources humaines.

NOTES DE LECTURE / COLLOQUES
Jean-jacques PLUCHART

Editorial

Face à une complexification croissante des risques des entreprises et à l’intervention importante d’acteurs influents, telles les ONG, l’attention de l’entreprise aux questions sociétales et environnementales apparaît nécessaire pour pallier l’émergence d’un nombre croissant de conflits potentiels. L’ampleur des risques et leur imprévisibilité grandissante ne cessent de générer des coûts toujours plus conséquents pour les entreprises. Les notions de développement durable et de gestion des risques mettent ainsi en jeu une interdépendance entre les impératifs de création de valeur et la nécessaire responsabilité socio-environnementale de l'entreprise reposant sur trois piliers – économique, social et environnemental. Le développement durable traduit ainsi la volonté de « répondre aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs » (Brundtland, 1987) .

De nombreux enjeux sont au cœur des défis de demain. Au point de vue social, la gestion des risques et le management du développement durable imposent le respect des milieux naturels (air, eau, sol, …) et la protection des grands équilibres (climat, biodiversité, océans, forêts, …) pour assurer une planète vivable … la gestion optimale des ressources épuisables (pétrole, gaz, charbon, minerais,…) et la promotion des ressources renouvelables pour s’engager dans une économie viable ... la préservation de notre environnement culturel et la transmission des savoirs humains pour permettre un développement équitable. Au niveau économique, l’intégration du développement durable et de la gestion des risques nécessite la recherche de l’efficacité économique par la maîtrise des coûts et l’optimisation des ressources pour soutenir une croissance viable ... la création de valeur et le respect des fondements éthiques pour encourager une répartition équitable des richesses ... la valorisation des actifs naturels (renouvelables et non-renouvelables) et du capital culturel pour contribuer à un environnement vivable. Sur le plan environnemental, le management du développement durable et la gestion des risques requièrent la lutte contre toutes les formes d’exclusion (sociale, professionnelle, culturelle, …) pour construire une société équitable ... la satisfaction des besoins essentiels de la population (le travail, l’éducation, l’habitat, l’alimentation, les soins, …) pour promouvoir une économie viable ... la sauvegarde de l’identité culturelle, de l’intégrité physique et de la diversité biologique pour préserver un environnement vivable.

Si les entreprises s’approprient ces concepts, la mise en œuvre de la gestion des risques et du développement durable dans leurs pratiques reste très contestable. Si les thèmes semblent socialement incontournables, les intentions des entreprises, malgré leurs déclarations, demeurent énigmatiques. La réussite d’une mise en œuvre conjointe nécessite une prise de conscience par ces entreprises de la finalité des concepts pour institutionnaliser une réelle prise en compte du développement durable.

Ce numéro spécial, « Développement Durable et Gestion des Risques : quels enjeux pour quelles décisions »? , réunit une sélection de communications rédigées par des chercheurs d’horizon très variés tels que les sciences de l’ingénieur, le management ou encore les sciences politiques et juridiques. Khéloufi Benabdeli et Djamila Harrache proposent une étude très pertinente des indicateurs du développement durable en milieu industriel en lien avec l'intégration de la gestion des risques à la stratégie des entreprises. Dominique Drillon et Hugues Poissonnier réalisent une étude approfondie des contributions théoriques de l’incorporation du développement durable aux pratiques de la gestion des ressources humaines. Fabrice Mauléon présente sous un angle original la démarche de responsabilité sociale et environnementale de l’entreprise au regard de la mobilisation d’arguments juridiques et légaux. Claire Auplat analyse l’intégration du management des risques appliqués au secteur des nanotechnologies dans le cadre d’une prise en compte des institutions et organisations. Bernard Quinio et Gilbert Réveillon présentent une étude sur les développements du Green IT au regard de l’utilisation des univers virtuels par l’entreprise et des implications déduites en matière de développement durable. Ces différentes approches mettent en lumière la nécessaire intégration du développement durable à la stratégie de l’entreprise, au quotidien.

Développement durable et gestion des risques : quels enjeux pour quelles décisions?

Ce numéro de Vie & Sciences Economiques est consacré au développement durable et à la gestion des risques. Ces deux disciplines ont été mises en exergue depuis le sommet de Rio de 1992 pour la première, et à nouveau depuis septembre / octobre 2008 pour la seconde à l’occasion de la crise généralisée du système financier américain et mondial.

Parallèlement à la fragilité du système financier sauvé de la faillite par des interventions publiques massives dans les pays de l’OCDE, des enjeux écologiques majeurs liés au réchauffement de la planète et aux conséquences d’une utilisation massive des hydrocarbures apparaissent. L’extension de la de la crise financière à la sphère économique et sociale procure une dimension particulière à cette crise. Les enjeux concernent la gouvernance financière et économique mondiale et sa rénovation mais également la remise en cause des fondamentaux du développement économique.

L’économie de marché issue de la seconde guerre mondiale est confrontée à une remise en cause de paradigmes supposés acquis comme la production de biens à grands volumes sans intégrer les conséquences énergétiques et environnementales liées à ces productions ou la création de monnaie virtuelle à l’infini. La bulle financière était estimée en 2005 par la Banque Mondiale à plus de 50 fois le PIB mondial, ce dernier étant proche à cette date de 45 000 milliards de dollars. Cette bulle aurait été de 10 000 fois le PIB mondial avant son explosion en septembre 2008. Ces données saisissantes rappellent la nécessité de revisiter en profondeur la finance actuelle, ses modes de développement, de régulation et de contrôle.

La dimension humaine est centrale dans ce numéro car ce sont bien les hommes qui sont vulnérables face aux disparitions d’entreprises, aux restructurations, au ralentissement de l’activité qui contribue à la relance du chômage. Alors que le taux de chômage repart à la hausse en France après s’être stabilisé à 8 % de la population active au début 2008, la notion de gestion durable des ressources humaines revient au premier plan. Les notions d’employabilité et de capabilité apparaissent centrales car les entreprises doivent les faire vivre tout en conservant leur flexibilité. L’article exploratoire de Marc Arbouche met l’accent sur ces enjeux critiques pour le management des ressources humaines. La France se trouve confrontée à des rigidités socio-culturelles fortes avec un taux de chômage des jeunes supérieur à la moyenne des pays de l’OCDE. Parallèlement les politiques d’emploi des seniors montrent dix de retard au moins par rapport à celles mises en œuvre dans les pays scandinaves. A la fin de l’année 2008 il n’y a toujours pas de véritable consensus national sur la place des seniors dans les entreprises.

La récession actuelle s’alimente d’une perte de confiance rapide des consommateurs depuis la crise de septembre / octobre 2008 et affecte des pans entiers des secteurs automobiles ou du bâtiment. Le développement durable et la prise en compte des risques environnementaux, et pas exclusivement financiers, sont plus que d’actualité. Des solutions existent, mais elles ne sont pas nécessairement faciles à mettre en œuvre. Les articles de ce numéro proposent des pistes pour construire ces futurs en devenir.

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