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Notes de lecture

L’ouvrage collectif, coordonné par Bernd Balkenhol, responsable de la finance solidaire au Bureau International du Travail, nous éclaire sur les multiples dimensions de la microfinance, dont bénéficient désormais10% de la population mondiale vivant avec moins de 1$ par jour. Près de 10 000 institutions de microfinance (IMF) favorisent la survie de plus de 130 millions de ménages. La microfinance mondiale couvre environ 40 milliards $ de dépôts et distribue 50 milliards de petits prêts. Les chercheurs et les praticiens qui ont participé à la rédaction de l’ouvrage s’efforcent de répondre aux principales questions posées par ce phénomène  encouragé par Sen et Stiglitz (prix Nobel d’économie). Les IMF peuvent-elles atteindre des performances à la fois sociales et financières ? Quelles sont les bonnes pratiques des IMF ? Le micro-crédit contribue-t-il réellement à réduire les inégalités ou à accroître le surendettement des ménages les plus pauvres ? Certains taux pratiqués sont-ils usuraires ? Les IMF doivent-elles bénéficier de subventions publiques et/ou d’aides en nature ? Les travaux présentés puisent notamment leurs sources dans le Micro Banking Bulletin et dans le Microfinance Information eXchange. Un ouvrage de référence sur une grande problématique contemporaine !.

Bernd Balkenhol (dir.)
PUF, 2009, 359 p.

Le dernier ouvrage d’Hubert de La Bruslerie (professeur à l’Université Paris-Dauphine) éclaire d’une lumière nouvelle la nature de l’entreprise considérée comme un « nœud de contrats ». L’auteur montre l’importance et la diversité des contrats liant l’entreprise à ses diverses parties prenantes, notamment à ses actionnaires et ses préteurs. Il est ainsi conduit à analyser les contrats d’incitation des dirigeants et de contrôle par les actionnaires, les contrats implicites entre actionnaires, la contractualisation des prises de contrôle des entreprises…Le livre est articulé autour de six grands thèmes: les représentations de l’entreprise, les apporteurs de capitaux et la gouvernance de l’entreprise, le processus de décision, le processus de contractualisation économique, le jeu des contrats implicites, les règles et les logiques juridiques applicables aux contrats. La démonstration est solidement argumentée, finement développée, rédigée dans un style convaincant, illustré d’exemples tirés de l’actualité récente et documenté aux meilleures sources. Pour toutes ces raisons et pour bien d’autres que le lecteur découvrira au fil des pages, il mérite toute notre attention.

Hubert de La Bruslerie
Economica, 2010, 385 pages.

Le livre d’Hervé Devillé, docteur es sciences économiques et professeur à l’Université Catholique de Lille, mérite une attention particulière parmi les nombreuses publications consacrées au développement durable. Il présente en effet les approches théoriques et les modèles économiques (dont ceux de plusieurs prix Nobel) du développement durable, du principe de précaution, du développement soutenable et de l’économie de l’environnement. Il compare les effets économiques et sociaux des divers instruments de politique publique de l’environnement et de management des entreprises socialement responsables. Il développe une réflexion originale sur la compatibilité entre la croissance économique et la protection de l’environnement. La lecture est d’autant plus stimulante que l’ouvrage est solidement construit (en 8 chapitres), clairement rédigé, richement illustré (de 65 schémas et tableaux) et abondamment documenté (avec une centaine de références).

Hervé Devillé
Editions L’Harmattan, 2009, 295 pages, 29€

L’ouvrage restitue les actes d’un colloque sur la compétitivité des territoires. Les échanges mettent en lumière les divers aspects – parfois méconnus – du phénomène de localisation des entreprises et notamment, de « glocalisation » des groupes internationaux. Ils contribuent à mieux identifier et mesurer les sources d’avantage compétitif des différentes formes d’espaces productifs : districts industriels, technopoles, systèmes productifs locaux, clusters, pôles de compétitivité, réseaux d’entreprises… Ils abordent plusieurs thèmes fondamentaux de la nouvelle économie territoriale : l’histoire, la gouvernance, les déterminants de la compétitivité, les facteurs d’attraction, les types d’organisation, les conditions de développement, les indicateurs de mesure des performances, la gestion des compétences de ces différentes zones. L’ouvrage est illustré de plusieurs études de cas de clusters, pôles de compétitivité et réseaux d’entreprises. Il est complété par d’utiles références bibliographiques.

M.Bousseta, M.Ezznati
L’Harmattan, 2010, 225 pages

Jean-Charles Mathé (professeur des universités) retrace l’histoire de 20 entreprises qui ont révolutionné le monde économique et social de la fin du 20e siècle et du début du 21e siècle. Ces entreprises exercent principalement leurs activités dans les secteurs de l’électronique, de l’informatique et des télécommunications. Elles ont contribué à profondément modifier les modes de vie des acteurs économiques et des citoyens. Trois critères - la technologie, l’innovation et la vision du futur - ont été retenus par l’auteur afin de sélectionner 12 groupes américains (IBM, HP, Texas Instruments, Apple, Dell, Intel, Microsoft, Sun, Oracle, Cisco, Yahoo, Google), 4 européens (Nokia, Philips, Tetra Pak, Virgin) et 4 asiatiques (Nintendo, Samsung, Sony, Casio). L’auteur dresse une cartographie des rapports de concurrence et des liens de coopération entre ces entreprises. Pour chaque cas, il retrace l’histoire, présente la stratégie, dégage la situation concurrentielle, analyse les performances, et propose des thèmes de discussion. Ces analyses sont étayées par des concepts et des modèles conçus par les principaux théoriciens du management.

Jean-Charles Mathé
L’Harmattan, 2010, 212 pages

Ne plus travailler mais oeuvrer

Résumé :

Le monde en ce début de XXIème siècle est en train de changer très rapidement.
La nature des activités, nécessaires pour que chacun d'entre nous subsiste, semble changer également. L'article "Ne plus travailler mais Œuvrer", extrait d’un essai du même nom, émet l'hypothèse que le travail tel que l’humanité l’a éprouvé jusqu’ici, est en train aussi d’évoluer très rapidement. Le travail doit évoluer vers l’œuvre qui permettra à chacun de s’accomplir soi-même tout en créant un produit ou service utile aux autres. Cet article décrit les conditions d’une telle évolution.

Mots clés : Changement, travail, œuvre, évolution


Abstract:

The world in this beginning of the XXIst century is changing very fast.
The nature of what each of us has to do to survive, seems also to change.
The article which follows “No more hard work, but works of art”, suggests that work as humanity has undertaken it up to now, is also changing very rapidly. Toil must evolve into the creation of “works of art” which will enable each of us to accomplish himself by creating a product or a service useful to others. This article tries to imagine the conditions of such an evolution.

Keywords : Change, work, work of art, evolution

INTRODUCTION

Un grand nombre de livres ont été écrits depuis une dizaine d’années sur le thème d’une évolution de la nature du travail. Pourquoi en ajouter un autre ? Il m’a semblé que nous vivons, en ce moment de début du XXIème siècle, une mutation profonde, tant technologique que conceptuelle, dans le domaine du travail dans le monde occidental. A cette mutation doivent correspondre à la fois, une vision prospective et une orientation normative. Cette réflexion correspond, à ce titre, davantage à un essai qu’à un ouvrage de sociologie du travail.

Tout le monde connaît l’étymologie du mot « travail ». Peut-être, peut-on le rappeler : au Haut Moyen Age le mot latin Tripalium (trois poteaux) était utilisé en France pour désigner le dispositif qui permettait d’attacher un cheval pour lui mettre un fer. Ce dispositif a été utilisé pour torturer des personnes et le mot « travail » qui en a été tiré a signifié, en un premier temps, la torture et par la suite toute activité particulièrement pénible (le travail de la parturiente et le mot « travail » en anglais ont conservé ce sens). Les mœurs ayant évolué au cours du temps, le mot travail au XVIIème siècle désignait une activité fatigante mais n’était pas utilisé pour exprimer une activité à caractère économique. Le paysan « cultivait », le serviteur « servait », etc., et à la fin l’artisan « œuvrait». Le mot œuvre dérivé du mot latin « opéra » traduisait le résultat d’une activité, créatrice d’un objet utile, et a tout naturellement été repris pour désigner un objet d’art.

C’est vers 1820 avec la première révolution industrielle en France et la mise en place des ateliers textiles et métallurgiques, dont le matériel fonctionnait avec une pénibilité certaine, que le verbe et le nom « Travailler et Travail » ont repris leur sens d’origine. A noter que s’il en a été de même qu’en France, en Italie et en Espagne, la Grande-Bretagne a eu recours dès le Moyen Age à la racine indo-européenne « erg » pour en tirer « to work ». « Werken » existe également en allemand, mais s’est trouvé largement remplacé par « Arbeiten » (même racine que die Erbe : le patrimoine).

Toutes les sociétés primitives ont été, bien sûr, assujetties à un impératif de survie individuelle et collective.

L’homme moderne est apparu en Europe occidentale, il y a environ 40 000 ans.

Pendant quelque 35 000 ans pour simplifier, l’homme chassait ou pêchait et la femme cueillait ou ramassait les fruits et les légumes qui leur permettaient de survivre. Selon les lieux et l’évolution climatique, cela était plus ou moins contraignant.

Quelques exemples africains actuels (les Bushmen par exemple) montrent que, quand tout va bien, cela peut se gérer, dans le cadre d’un clan ou d’une tribu, d’une façon pas si contraignante que cela – et d’une manière en partie nomade et en partie sédentaire.

Cette économie de subsistance implique une capacité à communiquer. Un protolangage opérationnel existait. La relation entre le langage et le travail, dont il sera question plus loin, fonctionnait donc déjà.

Par ailleurs cette période en Europe Occidentale, a vu la première (si l’on excepte quelques peintures australiennes) création artistique de l’humanité au travers des grandes fresques représentant à la fois des scènes de chasse et des concepts spirituels réalisés avec un souci esthétique – de premières grandes œuvres en quelque sorte !

Cette vie s’est poursuivie au travers d’une âpre période glaciaire et d’un réchauffement.

Sa dernière période sur les côtes de l’Atlantique, avant l’arrivée de l’agriculture, a vu un foisonnement de mégalithes dont Carnac et Stonehenge sont les plus beaux exemples.

Leur réalisation a impliqué, à un niveau au minimum tribal, un sens de l’organisation et du commandement, une capacité à prévoir et une prédisposition à faire, qui traduisent une forme de capacité humaine immanente «porteuse d’avenir ».

A partir de 7 000 ans avant Jésus-Christ et en partant d’Anatolie disent Colin Renfrew et Luigi Cavalli Sforza, une économie agricole basée sur l’exploitation de céréales et l’élevage de porcs, de chèvres et de moutons se met en route le long des côtes méditerranéennes, d’une part le long du Danube, puis du Rhin d’autre part. Le lent mouvement – 20 km peut-être à chaque génération – paraît fait par une émigration progressive de gens parlant un indo-européen précurseur.

Une autre forme de travail : « le labour et la récolte saisonnière, l’entretien des animaux » se met en place associée à une certaine sédentarité.

Un certain artisanat apparaît : la poterie et le « mésolithisme ».

L’ère des métaux apparaît ensuite : le bronze d’abord au 3ème millénaire avant Jésus-Christ puis le fer avec la civilisation de Halstaat au 1er millénaire – d’où un nouvel artisanat : celui du forgeron, lourd de symboles.

Entre-temps, le Moyen Orient et la Mer Egée ont pris leur essor et mis en place leurs structures d’Etats avec la création entre autres, d’emplois de scribes et de magasiniers.

La mise en place systématique de l’esclavage comme source de travail est aussi l’un des facteurs essentiels de ce deuxième millénaire avant Jésus-Christ.

Les siècles passent et la cité grecque apparaît. Elle associe l’exploitation agricole assurée par une paysannerie, le recours en ville au travail des esclaves, le développement d’un artisanat professionnel, le commerce maritime, les forces armées et la création artistique. Un microcosme du travail qui se perpétuera en partie jusqu’au XVIIIème siècle.

Rome prend la suite sur le même modèle. Le rôle des esclaves y est progressivement plus développé et le travail du citoyen s’en trouve allégé.
Les invasions arrivent et l’économie occidentale devient une économie de survie. Le développement du christianisme permet un respect croissant de l’individu et une certaine forme de morale collective.

Le régime médiéval se met en place. Le servage remplace l’esclavage. Chacun est à sa place et fait le travail agricole, artisanal, de service ou militaire qui lui est dévolu.

Le XIVème siècle amorce le changement : le servage disparaît, l’urbanisation s’accroît, le commerce international se développe avec l’aide de nouveaux instruments et structures financiers. La Réforme et la Contre Réforme s’enchaînent. Le concept de risque est accepté (le mot apparaît dans toutes les langues européennes en 1560). Néanmoins l’agriculture continue à occuper 90 % des travailleurs. Les artisans se regroupent en corporations et protègent leur fonds de commerce. L’instruction reste l’apanage des privilégiés et des religieux.

Le siècle des Lumières entraîne un changement de vision du monde en Occident, le début d’une réflexion scientifique et d’une interrogation philosophique nouvelle.

La nature du travail ne change pas pour autant. Le concept de Tiers Etat se structure ainsi que la prise de conscience collective qui y correspond.

Le XVIIIème siècle laisse prévoir la mutation que va être la première révolution industrielle et cela sous plusieurs aspects :

un aspect conceptuel : Adam Smith et sa « Richesse des Nations » et bien d’autres auteurs anglais, l’Encyclopédie de Diderot ainsi que des réalisations qui préfigurent l’utopie telle que la manufacture d’Arc et Senans, les travaux d’architectes français tels que Ledoux, etc.,
un aspect technologique : la machine à vapeur de Watt bien sûr et,
un aspect commercial : l’intensification des échanges intra européens malgré les guerres, et surtout internationaux avec les Amériques et l’Inde,
un aspect de bouleversement du monde avec l’indépendance des Etats-Unis d’Amérique et son développement initial en y accomplissant nécessairement le même travail qu’en Europe occidentale, mais avec un esprit d’entreprise résultant de l’immigration.

Tout cela aboutit en France à la remise en cause des structures établies qui se traduisent par la Révolution Française et l’Empire.

Le bouleversement permet l’amorce en France de la première révolution industrielle déjà entamée en Grande-Bretagne depuis une vingtaine d’années.
Ainsi se termine un chapitre de l’histoire du travail qui aura duré 8 000 ans en Occident. Il s’agit d’un travail principalement masculin (si l’on exclut le soin des enfants et le travail domestique féminin) à base de tâches agricoles (à la fin du 18ème siècle, 90 % des hommes travaillent la terre) et d’emplois de service et militaires.

Nous avons tous étudié d’une façon ou d’une autre, la première révolution industrielle (1800-1914). 
Nous n’y reviendrons pas. Nous avons tous vécu la seconde révolution industrielle, nous n’y reviendrons pas non plus. Sommes-nous au début du XXIème siècle face à une nouvelle mutation profonde de la nature du travail ? Nous en sommes convaincus. Venons-en à l’essentiel : « Que sera la nature du travail à la fin du XXIème siècle ». Notre essai s’appuie sur des hypothèses du XXIème siècle : Scientifiques et Techniques Politiques Sociétales Economiques Entrepreneuriales que nous avons analysées attentivement.

Amélioration de l'efficacité énergétique et environnement en Chine

Résumé :

La dégradation actuelle de l’environnement en Chine provient en grande partie de la dépendance massive aux sources d’énergie polluantes (charbon, biomasse traditionnelle et pétrole). A présent, la Chine est le premier émetteur mondial de dioxyde de carbone, et la pollution de l’air entraîne des pertes de PIB allant de 2 à 7 % par an en fonction des études. Afin de réduire le niveau de la pollution, on peut, soit améliorer les technologies utilisées, soit réduire la part des énergies polluantes. Les technologies chinoises sont, pour l’instant, moins efficaces que celles utilisées dans les pays développés et le mix énergétique est principalement composé de sources polluantes. Ainsi, ils représentent tous deux d’importants potentiels de réduction d’émissions. Cet article s’intéresse au lien entre diversification, efficacité énergétique dans le secteur électrique et émissions par tête, et montre que les émissions sont négativement corrélées à la diversification du mix énergétique et à l’efficacité du secteur électrique. Cela place de fait ces deux solutions comme des stratégies viables pour lutter contre la pollution.

Mots clés : Emissions de dioxyde de carbone, modèle à correction d’erreurs, indice Shannon-Wiener, efficacité de la production électrique

Abstract:

Massive reliance on polluting sources of energy (coal, traditional biomass and oil) has damaged the environment in China over years. Now, China is the world’s first carbon dioxide emitter and air pollution represents between 2 and 7 percent of loss of Gross Domestic Product per year, depending on the studies chosen. In order to reduce the level of pollution, one can either enhance the technology in use or reduce the share of polluting fuels in the energy mix. Indeed, current Chinese technologies are far less efficient than those of developed countries and the energy mix is massively composed of polluting sources of energy. So, they both represent huge potential savings. This article enquires the link between diversification, efficiency in the power sector and the per capita emissions and shows that emissions are negatively correlated to a diversification of the energy mix as well as an improvement of power generating technologies. Hence, it justifies the diversification of the energy mix and technology improvement as viable strategies to tackle pollution.

Keywords : China, carbon dioxide emissions, error correction model, Shannon-Wiener index, efficiency of power generation

INTRODUCTION

La qualité de l’environnement chinois est précaire et l’actuelle tendance de développement du pays est un point d’inquiétude. En raison de son importante dépendance au charbon (ainsi qu’à sa consommation de pétrole et de biomasse), l’environnement est impacté à trois niveaux. La pollution globale est caractérisée par le changement climatique, la régionale par les pluies acides tandis que la locale correspond à la pollution de l’air ou de l’eau dans une zone géographique précise.

La question est donc de savoir comment réduire les émissions de polluants provenant du secteur énergétique dans ce pays.

L’amélioration des performances environnementales de tout système électrique provient de trois canaux : changement de fuels, amélioration de l’efficacité et contrôle des émissions (AIE, 2006a). Kroeze et al. (2004), CIAB (2005) ou l’AIE (2006c) ont analysé les gains attendus d’une augmentation de l’efficacité moyenne du secteur électrique. Par exemple, le CIAB (2005) estime que la Chine pourrait réduire de 127,6 millions de tonnes ses émissions annuelles de CO2 en gagnant 3 points d‘efficacité. D’autres auteurs évaluent le montant des émissions qui pourrait être réduit grâce à la diversification du mix énergétique. Logan et Dongkun (1999) trouvent que si le gaz naturel représentait 9 % du mix énergétique chinois en 2020 alors les émissions de CO2 seraient réduites de 69,7 millions de tonnes par an.

Le but de ce papier est d’apporter une validation empirique à ces deux idées, c’est-à-dire de démontrer, à l’aide d’un modèle économétrique, qu’une amélioration des techniques de production électrique ou qu’un mix énergétique plus diversifié peut réduire les émissions de gaz polluants (CO2 dans notre cas) provenant du secteur électrique, en Chine. Après avoir décrit l’état de la dégradation environnementale en Chine, nous détaillerons ces deux solutions ainsi que les opportunités et conséquences attendues en Chine. Enfin, nous présenterons un modèle économétrique qui expliquera les émissions de carbone par tête en fonction de la diversification, du niveau de technologie et de la consommation d’électricité par tête.

Mesurer les coûts de la non-coopération européenne en matière énergétique

Résumé :

L’objectif de notre article est de discuter l’efficacité de la coordination européenne en matière électrique. A cette fin, nous développons différents indices qui permettent de comparer les performances des économies européennes au regard des grands objectifs en termes énergétiques (soutenabilité, compétitivité, sécurité d’approvisionnement). Nous montrons que de tels indices permettent également d’apprécier le degré d’efficacité de la coopération des pays européens.

Mots clés : Politique énergétique, électricité

Abstract:

Our paper aims at assessing the efficiency of the European coordination in the field of electricity. For that purpose, we develop various indices allowing a comparison of the European countries as regards the adequacy of their performances with main European goals in terms of energy policy (sustainability, competitiveness, safety of supply). We show that such indices can provide an assessment of the efficiency regarding the coordination between European countries.

Keywords : Energy policy, electricity

INTRODUCTION

L’énergie ayant joué un rôle important dès les origines du projet européen dans les années 1950 (notamment autour du charbon), il est paradoxal de constater en 2010 une absence de politique intégrée en ce domaine. Avec l’adoption du paquet énergie-climat fin 2008, un « cap » a certes été fixé pour l’UE, mais avec des moyens relevant essentiellement de la responsabilité des Etats. Les limites de ce modus operandi sont de deux ordres principaux : primo, les pays membres sont trop petits pour relever seuls les grands enjeux du réchauffement climatique et de la sécurité des approvisionnements énergétiques ; secundo, l’intégration croissante des économies nationales crée des interdépendances peu compatibles avec des politiques énergétiques insuffisamment coordonnées.

Notre article est destiné à illustrer la portée de ce déficit de coordination, en nous centrant sur le domaine de l’électricité. Les coûts induits par un tel déficit sont divers et demeurent, dans bien des cas, relativement abstraits ou difficiles à cerner dans leur globalité. Pour cette raison, nous proposons de développer ici une série d’outils « didactiques » afin d’évaluer ces coûts au regard des objectifs exposés dans le livre vert de mars 2006 définissant « une stratégie européenne pour une énergie sûre, compétitive et durable » [CCE, 2006], objectifs censés orienter les politiques nationales et la politique de l’Union.

Rappelons que ce livre vert énonce trois objectifs : la soutenabilité (développer les énergies renouvelables, freiner la demande européenne et limiter le changement climatique), la compétitivité (ouvrir les marchés pour stimuler notamment les investissements, atténuer l’impact de la hausse des prix internationaux pour les consommateurs européens et maintenir l’Europe à la pointe des technologies énergétiques) et la sécurité des approvisionnements (réduire les importations hors de l’UE, diversifier les sources et les voies d’approvisionnement, améliorer les moyens de faire face aux situations d’urgence et garantir un accès à l’énergie aux citoyens et entreprises européens).

Nous proposons ici de définir des indices permettant de mesurer les performances des pays européens, au regard de ces trois types d’objectifs, en matière électrique. Après avoir posé les principes de la méthode mise en œuvre, nous élaborerons un indice de performance dans le domaine de la production électrique, puis de l’approvisionnement électrique, afin d’illustrer la manière dont de tels indices peuvent permettre de chiffrer le déficit de coordination européenne.

Quel(s) type(s) d'instrument(s) employer pour lutter contre le changement climatique ?

Résumé :

Cet article décrit la théorie et l’application pratique des deux principaux instruments – économique et de régulation – utilisés dans les politiques environnementales et, en particulier, dans les politiques de lutte contre le changement climatique. Il présente le contexte et les problématiques en jeu dans le choix des instruments à différents niveaux (national, régional, international), et analyse les perspectives pour une harmonisation de ces instruments et leur extension à un plus grand nombre d’acteurs, en vue d’atteindre une politique climatique plus efficace et efficiente.

Mots clés : Gestion du changement climatique


Abstract:

This article describes the theoretical basis and real-life application of the two main types of instruments – regulatory and economic – used in environmental protection policy, and in particular, in climate change policy. It outlines the context and issues at stake in the choice of instrument at various levels (national, regional, international) and analyses the perspectives for harmonising these instruments while broadening their reach to a greater number of actors, with a view to achieving a more efficient and effective global climate Policy.

Keywords : Climate change policy

INTRODUCTION

Les politiques de lutte contre les rejets de polluants combinent deux types d’instruments principaux : réglementaire et économique. Le premier est le plus couramment utilisé par les gouvernements, notamment sous forme de normes fixant des limites d’émissions par unité produite ou consommée. La régulation par les normes est efficace sous l’angle écologique si elle est utilisée de façon habile par les pouvoirs publics. Du point de vue économique, elle présente l’inconvénient d’un coût élevé car le régulateur ne connaît que très imparfaitement la distribution des coûts de mise en conformité au sein des entités régulées. C’est pourquoi les économistes préconisent depuis longtemps la mise en place d’outils économiques, qui permettent d’atteindre les mêmes résultats environnementaux à moindre coût. Cette catégorie d’instruments comprend les taxes et les systèmes de permis d’émission échangeables, et se caractérise par la tarification de la nuisance environnementale afin de l’internaliser dans le calcul économique du pollueur.
Cet article présente ces deux types d’instruments et leur utilisation dans le cadre de politiques environnementales et notamment dans la lutte contre le changement climatique.

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