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Dynamisme du capital-risque américain : l'IPO n'est plus la voie de sortie préférée

Résumé :

Le but de cette étude est de tester l’existence d’une relation de dépendance entre le dynamisme du capital-risque américain et les deux principales opportunités de sorties qui s’offrent aux capital-risqueurs : l’introduction en bourse (IPO : Initial Public Offering) et la sortie par fusion-acquisition (M&A : Merger and Acquisition). Pour ce faire, nous utilisons des données trimestrielles pour les Etats-Unis issues de la base Thomson One Banker Private Equity couvrant la période 1970-2010. Deux approches empiriques sont utilisées, la première s’appuie sur le concept de cointégration et sur le modèle à correction d’erreur qui permet de spécifier une relation stable de long terme entre les investissements en capital-risque et le nombre d’opérations de M&A des entreprises soutenues par le capital-risque. La seconde s’appuie sur le concept de causalité au sens de Granger qui montre l’existence d’une causalité unidirectionnelle du nombre d’opérations de M&A vers le volume des investissements en capital-risque.

Mots clés : Capital-risque, IPO, M&A, cointégration, causalité au sens de Granger


Abstract :

The aim of this paper is to test the existence of dependence relationship between the dynamics of venture capital and its main exit options: initial public offering (IPO) and merger and acquisition (M&A). I use quarterly data for the USA from the Thomson One Banker Private Equity database for the time period starting from 1970 to 2010. Two empirical methods were applied, the first based on the concepts of cointegration and error correction model that allows us to specify a long-term stable relationship between venture capital investments and the number of M&A of venture capital-backed firms. The second relies on the concept of Granger’s causality that shows the existence of unidirectional causality from the number of M&A to the volume of venture capital investments.

Keywords : Venture capital, IPO, M&A, cointegration, Granger’s causality

Introduction

Le capital-risque est un mode de financement en fonds propres prenant la forme d'une prise de participation au capital des jeunes entreprises innovantes appartenant essentiellement au secteur des NTIC (Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication). Cette prise de participation dans ces jeunes pousses appelées aussi « start-ups » permet de financer la phase d’amorçage (seed stage), la phase de création ou de démarrage (start-up stage)  et la phase post-création ou d’expansion (later stage).

Cette activité est née dans la Silicon Valley aux Etats-Unis pour répondre à un besoin de financement spécifique suite à l’émergence de nombreuses petites entreprises aux fins de la Deuxième Guerre mondiale. Ces entreprises fortement technologiques et dans les premiers stades de développement pour la plupart, ont un besoin important de capital auquel les mécanismes de financement traditionnels ne peuvent pas répondre. En effet, bien que considérées comme des entreprises à fort potentiel de croissance, leur capacité à fournir les garanties nécessaires pour contracter de la dette est extrêmement limitée, leurs actifs étant souvent de nature incorporelle (capital humain, droits, brevets,…) et donc difficile à évaluer. Le recours au capital-risque est apparu alors comme l’unique moyen de combler des besoins en capitaux nécessaires au développement d’une idée ou d’un projet, dont les perspectives de croissance sont prometteuses, mais aussi très risquées.

Les organismes de capital-risque s’organisent comme un limited partnership regroupant des investisseurs institutionnels (les apporteurs de fonds : limited partners LP) et les capital-risqueurs (les gérants des fonds du capital-risque : general partners GP). Le fonds de capital-risque est constitué pour une durée limitée, allant usuellement de sept à dix ans. Lors de sa constitution, les LP s’engagent à fournir aux GP un montant de capital promis (committed capital), les GP repèrent des opportunités d’investissement (des start-ups) et réalisent des transactions en levant progressivement des fonds auprès des LP dans la limite du plafond du capital promis. À l’approche de la date de liquidation du fonds, chaque investissement est liquidé principalement sous la forme d’une sortie en bourse où l’organisme de capital-risque vend ses participations sur le marché financier (IPO), d’une revente à une entreprise (sortie par fusion-acquisition, M&A). Les GP réinvestissent alors les montants « désinvestis » dans de nouvelles transactions, ou les redistribuent vers les LP en liquide ou bien en nature sous forme d’actions.

L’activité du capital-risque peut s’analyser comme un cycle d’investissement qui comprend au moins trois phases. La première phase correspond à la levée de fonds auprès des investisseurs institutionnels. Elle est suivie par la phase d’investissement, qui comprend la sélection, le suivi et la surveillance des start-ups auxquelles les capital-risqueurs apportent fonds propres et conseils. Enfin, la troisième et dernière phase correspond à la sortie. La phase de sortie constitue une étape cruciale pour les capital-risqueurs, c’est durant cette phase qu’ils remboursent les investisseurs institutionnels et qu’ils perçoivent le rendement de leur effort. Cette phase détermine aussi l’issue du cycle d’investissement, si la sortie se déroule avec succès, les plus-values réalisées sont réinjectées en partie dans le circuit de financement et contribuent ainsi à entretenir la dynamique de l’activité du capital-risque par un nouveau cycle d’investissement. Cette caractéristique de l’auto-alimentation du marché du capital-risque est largement admise. Elle suppose que le dynamisme du capital-risque dépend fortement des opportunités de sorties qui s’offrent aux capital-risqueurs. Toutefois, peu d’études économétriques à ma connaissance ont essayé de la valider. Nous allons donc la soumettre à l’examen en testant économétriquement l’existence d’une relation de dépendance entre les investissements en capital-risque et les principales modalités de sorties (IPO et M&A).

La première section de cet article est consacrée à la revue de littérature. Dans la deuxième section nous présentons les données utilisées. Les résultats des tests de racine unitaire et de cointégration sont exposés dans la troisième section, ainsi qu’une analyse par le test de non-causalité de Granger. Enfin, nous concluons.

Banks as creators and Transmitters of Information in Historical Perspective

Abstract :

The current paper argues that commercial banks have used the main developments in information and communication technologies of the last thirty years to specialize in both the creation and transmission of information. The ability to create financial information provides banks with an important strategic advantage that widens as technological innovations allow for an increase in the level of industrial and informational concentration among the larger banks. This concentration process takes place at the expense of the smaller banks that cannot cope with the assimilation and development of the newly introduced information technologies. A descriptive analysis illustrating how this type of structural transformation process has taken place within the evolution of the U.S. commercial banking industry is provided and its relation to the subprime financial crises studied.

Keywords : Commercial banks; ICTs; information creation; Schumpeterian industrial evolution; financial innovation; banking industry; general purpose technologies

Résumé :

Cet article soutient que les banques commerciales ont eu recours aux principaux développements en NTIC des trente dernières années pour se spécialiser à la fois dans la création et la transmission de l’information. La capacité à créer de l’information financière confère aux banques un avantage stratégique important qui s’accroît avec les innovations technologiques permettant une plus grande concentration industrielle et informationnelle des grandes banques. Ce processus de concentration se réalise au détriment des plus petites banques qui ne peuvent faire face à l’assimilation et au développement des technologies de l’information récentes. Cet article présente une analyse descriptive, illustrant comment ce type de processus de transformation structurelle est survenu au sein de l’évolution de l’industrie bancaire états-unienne, et étudie le lien avec la crise des subprimes.

Mots clés : Banque commerciale, NTIC, création de l’information, évolution industrielle à la Schumpeter, innovation financière, secteur bancaire, technologies à usage non spécialisé

Introduction

The motivation for the current paper follows directly from part of the concluding remarks made by Samuel Buell at the end of the lengthy legal process undertaken against Enron after its accounting scandal of 2001. Buell was the lead prosecutor on the Enron case until March 2004 and directly responsible for analyzing and disentangling the complex financial and legal web created through the nineties by the aforementioned energy company, which was de facto behaving as an investment bank. On May 26 2006, after the Enron process sentences were dictated, Buell wrote his last entry on the blog at the Houston Chronicle he had been contributing to and on which he followed the main developments of the Enron process.

“Yesterday was a very good day for the American investor. Enron, unlike all the other recent corporate cases, presented a very important question on day one after its bankruptcy: could financial engineering achieve such a level of arcane complexity that it would be beyond the legal system's capacity to sort it out? The implications of a ‘yes’ answer to this question were quite chilling. The answer yesterday was a decisive ‘no’.”

Ironically, not even two years later the world was going through one of the worst financial engineering based crises of its history. The main argument made by the current paper is that the commercial banking industry, not to speak of investment banks and hedge funds, has been evolving in exactly the direction so much feared by Buell and many others. That is, the creation and monopolization of large quantities of information using financial engineering techniques and instruments.

Interestingly enough, though such an idea is immediately present in the analysis made about the subprime financial crises, its importance for and evolution within the current commercial banking industry has not yet been seriously analyzed. That is, while the concentration process taking place among U.S. commercial banks has being widely documented and analyzed, see Berger (2003) and Jones and Critchfield (2005), the driving forces behind such process remain acknowledged as financial innovations but sorely understudied.

The vital role of information, a purposely vague concept, in both the generation and propagation of the crises is somehow evident among scholars. However, the propagation role that derives from the agency cost known as asymmetric information tends to overshadow the generation one, which is generally soon forgotten.

In order to clarify this point, consider the highly rigorous analysis of the crises made by Charles Calomiris in 2008. In his paper, Calomiris highlights the central role played by information in both, the generation of the crises

“While government encouragement of risky borrowing and loose money played a major role in the current U.S. housing cycle, investors in subprime-related financial claims must share the blame for making ex ante unwise investments, which seem to be best understood as the result of a conflict of interest between asset managers and their clients. In that sense, sponsors of subprime securitizations and the rating agencies – whose unrealistic assumptions about subprime risk were known to investors prior to the run up in subprime investments – were providing the market with investments that asset managers demanded in spite of the obvious understatements of risk in those investments. (p. 20)” and its propagation.

“With respect to the propagation of the shock, much is familiar – the central role of asymmetric information is apparent in adverse selection premia that have affected credit spreads, and in the quantity rationing of money market instruments (p. 20)”.  In addition, he summarized the importance that asymmetric information, the propagation mechanism, has had in the market affected by the corresponding financial shock for the most important distress episodes in U.S. history.

Table 1:
The Diversity of US Financial Shocks

 

Banking Crisis

Real Estate Related

Importance of Asymmetric Information in Relevant Market

Severity of Financial Shock Relative to size of Economy

Panic of 1893

Yes

Partly

High

Low

Panic of 1907

Yes

No

High

Low

Agriculture Crisis 1920-1930

Yes

Yes

Low

High

Financial Crisis of 1929

No

No

Low

High

Banking Crisis 1931-1933

Yes

Partly

Occasional, mainly regional

High

Penn Central Bank 1970

No

No

High

Low

Agricultural Crisis

Early 1980s

Yes

Yes

Low

Moderate

Bank and Savings and Loan Crisis

1980-1991

Yes

Yes

Varied

High

Financial Crisis of 1987

No

No

Low

High

Dot Com Financing

2001

No

No

Low

High

Financial Crisis 2008

Yes

Yes

High

High


Source: Calomiris 2008.

Clearly, and even though information has remained a mildly important variable during the financial shocks taking place after 1970, the subprime financial crises displays a renewed dependence on information asymmetries.

However, a highly important and obvious question remains. If, as Calomiris states, the “unrealistic assumptions about subprime risk were known to investors prior to the run up in subprime investments” and managers were demanding investments “in spite of the obvious understatements of risk in those investments”, then, the question is how could the subprime financial crises happen

That is, while information asymmetries were of high importance at propagating the shock, what was their importance in generating it. Based on the statement of Calomiris the answer should include the word essential in it and stand in sharp contrast to the inability of academics and regulators to realize what was apparently obvious.

Before proceeding, we should consider the generation process of the money multiplier. Commercial banks do not really keep money in their vaults, and were people to realize about the potential instability of their deposits, they would probably run on the bank. Therefore, banks have had to specialize in the obvious task of making their depositors forget about this fact by dragging all financial related information regarding the use of deposits away from them. That is, banks have specialized in information processing and their main objective has been the creation of as much information as possible so that only those market players with the technology and the resources to access and control it could operate within the information-based financial system they have created.

The main objective of the current paper is to verify this idea by analyzing the evolution of the U.S. commercial banking industry through the last twenty years. In this regard, note that the current financial crises spread through different technologically-generated information-based financial markets, that is, from the subprime mortgage market to securitization products and, finally, to credit markets. Clearly, the first two are information markets generated thanks to the innovations in information technology developed through the last decades of the 20th century. Information is taken away from the standard credit markets and transmitted in larger disaggregated quantities to secondary markets. Therefore, as Goldstein and Pauzner (2005) remark, “in many cases, the assumption that investors observe noisy signals is more realistic than the assumption that they all share the very same information and opinions”.

Une analyse critique du traitement de la crise des subprimes par la Big Bank et le Big Government de Minsky

Résumé :

Dans l’analyse de Minsky, les mesures contra-cycliques de l’État sont les seules à même de permettre au système économique en crise d’échapper à une déflation par la dette. Le spectre de la Grande Dépression ne pourra s’éloigner que si les économies capitalistes se dotent de Big Bank et de Big Government de taille suffisamment importante pour contrecarrer les forces du marché. Ces deux institutions sont des équivalents de ‘‘stabilisateurs automatiques’’ qui permettent d’enrayer les spirales négatives et de faire redémarrer l’économie sur de nouvelles bases. Les limites inférieures sur le prix des actifs que l’intervention de la Big Bank instaure et la substitution d’une demande privée par une demande publique que l’action du Big Government organise introduisent des forces de rappel. Et ces dernières combattent les effets récessifs du marché qui ont tendance à pousser le système vers l’enlisement dans un processus de déflation à la Fisher. Cet article essaie d’analyser dans une perspective minskyenne les plans d’action mis en œuvre pour venir à bout de la crise des subprimes.

Mots clés : Minsky, Big Bank, Big government, crises financières, code de classification JEL : E12, E58, E62, G01


Abstract: :

In Minsky’s analysis public interventions allow the economic system to escape from a debt deflation Fisher process. The Great Depression spectrum will move away only if the capitalist systems have Big Bank and Big Government, big enough to thwart the market forces. These two institutions act like automatic stabilizers: they stop the economic processes that breed incoherence and restart the economy with new initial conditions and with new reaction coefficients. Big Bank introduces inferior limit on assets’ price while Big Government makes it possible to replace a private demand by a public one. This article tries to analyze in a critical sense economic policies put in place to solve the subprime crisis.

Keywords : Minsky, Big Bank, Big government, financial crises JEL classification code: E12, E58, E62, G01

Introduction

La crise des subprimes a eu pour effet, au moins au niveau théorique, de réhabiliter la pensée d’auteurs cantonnés depuis quelques années aux marges du débat académique. Parmi ces auteurs, il est difficile de ne pas citer Minsky dont les écrits ont été mobilisés à maintes reprises pour rendre compte des mécanismes de la crise (Kregel, 2008, 2010; Wray, 2007a ; Diop, 2009). Son modèle de crise, l’Hypothèse d’Instabilité Financière (désormais HIF), qui avait jusqu’alors perdu toute audience au profit de l’Hypothèse d’Efficience des Marchés est redevenue contributive dans l’interprétation des mécanismes qui ont débouché sur la crise du crédit à risque partie des Etats-Unis en aout 2007.
Toutefois l’apport de Minsky dans l’analyse des crises ne saurait être limité à cette dimension positive. Il intègre également un ensemble de recommandations qui se fixent pour but de contenir les effets de la crise et d’éviter qu’elle ne se transforme en une déflation par la dette. Cet article se propose d’explorer les types d’intervention mis en avant par Minsky dans cette optique afin de permettre à l’économie d’échapper au spectre de la Grande Dépression. La grande hantise de Minsky, qui était d’éviter que cette dernière ne se reproduise a trouvé dans deux institutions, la Big Bank et le Big Government, les moyens d’être contenue. Ces institutions qu’il présente comme des ‘‘circuit breakers’’, substantiellement définis comme des administrations et des autorités qui arrêtent les processus économiques producteurs d’incohérence et redémarrent l’économie avec des nouvelles conditions initiales et avec de nouveaux coefficients de réactions, voient leur intervention légitimer par la défaillance des mécanismes de marché.
Les interventions publiques observées depuis le début de la crise offrent un cas pratique d’observation d’un traitement de crise. Ainsi, constituent-elles une occasion idéale de faire une analyse comparative entre les recommandations de Minsky et les mesures effectivement prises, principalement aux Etats-Unis, pour venir à bout de la crise. En tant qu’auteur qui démontre la supériorité du coût de l’inaction par rapport à celui de l’intervention pendant la crise, Minsky s’est intéressé aux moyens d’intervention dont disposent les deux institutions. En cerner les caractéristiques sera l’objet de la première partie de cet article. La deuxième partie s’attachera à faire une analyse critique du traitement de la crise.

Governement policy, Bank's strategies and the Financial Crisis : Contagion through Interconnectedness

Écrit par Aidan O’CONNOR Professeur à l’ESCEM, France, et Professeur Visitant à l’Université d’Osnabrück, Allemagne

Abstract :

The catalyst for the financial crisis that commenced in 2007 was a decline in residential property values in the US following significant inflation, a sector to which banks had been increasingly lending and had widened their market to include lending to non-prime customers often through non-bank intermediaries. These financial assets were distributed and securitised and acquired by financial institutions and institutional investors in many different countries. It is argued that banks’ strategies were in response to government policies and demand from global investors. There was an effect on financial markets and economies and also on financial institutions. One particular bank was Northern Rock which had to be nationalised by the government due to the unsustainability of its funding model. The focus of this article is to determine and assess the conditions, causes and catalyst for the financial crisis.

Keywords : Financial crisis, banking industry, residential property policy, interest rate policy, global savings, bank strategies, securitisation, asymmetric information, northern rock

Résumé :

Le catalyseur de la crise financière qui a commencé en 2007 a été la chute de la valeur de l’immobilier résidentiel aux Etats-Unis faisant suite à une inflation significative. Cette chute touche un secteur auprès duquel les banques ont accru leurs engagements jusqu’à prêter à des clients fragiles, souvent à travers des intermédiaires non bancaires. Ces actifs financiers ont été distribués, titrisés et acquis par des investisseurs financiers et institutionnels dans de nombreux pays.
Il est montré que les stratégies des banques ont été une réponse aux politiques nationales et à la demande des investisseurs mondiaux. Il y a eu un effet sur les marchés financiers, les économies et les institutions financières. En particulier, Northern Rock est une banque qui a du être nationalisée en raison d’un modèle de financement insoutenable. L’objet de cet article est de déterminer et d’évaluer les conditions, causes et catalyseur de la crise financière.

Mots clés : Crise financière, secteur bancaire, politique en matière d’immobilier résidentiel, politique de taux d’intérêt, investissements mondiaux, stratégies bancaires, titrisation, information asymétrique, northern rock

INTRODUCTION

The financial crisis that commenced in 2007 and gathered momentum for a year before the defining event, the bankruptcy of Lehman, had its origins in government residential property policy and monetary policy in the US, along with the inflow of foreign capital, due to high external savings, especially in Asia, and a demand by investors for highly rated securities. The effect of such policies and market conditions was that banks responded and targeted non-prime individual customers to extend their customer base and geographic market. They also had a strategy to originate mortgages and distribute, or sell, them to other financial institutions, such as investment banks, that later securitized these mortgages and sold them to other financial institutions and institutional investors. These government policies and bank strategies had the effect of creating residential property inflation.

The catalyst for the financial crisis was the decline in residential property values, the underlying asset for the residential property mortgage related securities, and investors re-evaluating their investments. With the decline in value of these mortgage related securities, held mostly by financial institutions and institutional investors in many different jurisdictions, there was, eventually through this interconnectedness, contagion in the financial system affecting financial institutions and financial markets globally, as well as, the wider real economy.

The hitherto efficiently functioning interbank and wholesale financial market effectively discontinued functioning as financial institutions were unsure of the counterparty risk of other financial institutions. Commercial paper and repurchase agreements (repo) markets were closed to many financial institutions and securitisation as a means of funding was unavailable. Financial institutions were striving to maintain adequate capital levels. Some financial institutions were unable to continue trading and required government support due to illiquidity although they may have been solvent. One such institution was Northern Rock plc based in the UK, a bank that was not directly exposed to sub-prime residential property markets and had become illiquid due to the wholesale money markets liquidity crisis.

While it is often considered that the decline in residential property price was the catalyst for the crisis it was not the cause of the financial crisis per se. The cause was asymmetric information and opacity, and also an acceptance of an unviable assumption of risk in financial instruments and markets and banks’ lending policies and funding models.

Notes de lecture

1. Daniel BRETONES,
Professeur à l’ESCEM

Management de l’Innovation : Intégration du changement technologique, commercial et organisationnel
Joe Tidd, John Bessant, Keith Pavitt
De Boeck 2010, 3ème édition Française, 593 pages.

L’innovation est considérée dans cet ouvrage comme tout changement technique, commercial et organisationnel. Sa nature pluri-dimensionnelle  est décrite et soutenue avec de nombreuses illustrations. Les praticiens trouveront un cadre analytique puissant et des orientations pour mettre en place une démarche d’innovation globale qui intègre la gestion des risques inhérents à cette approche. Les relations entre R&D, technologie, organisation, théorie de l’entreprise et politiques scientifiques y sont explorées et mises en évidence au moyen de nombreux cas, issus d’une sélection internationale et large d’entreprises.
Joe Tidd est Directeur des études au Science & Technology Policy Research de l’Université de Sussex (SPRU), Royaume-Uni. John Bessant est Professeur en gestion de l’innovation à l’Université de Cranfield, Royaume-Uni. Keith Pavitt, décédé, fut également Professeur au SPRU. Il fut l’un des fondateurs de la communauté universitaire d’origine anglo-saxonne qui se consacre à l’étude du changement technologique et de ses implications dans les entreprises et les organisations, comme de ses retombées socio-économiques. Une traduction française de qualité facilite la lecture. La révision scientifique a été menée par Dimitri Uzunidis, Directeur du laboratoire de Recherche sur l’Industrie et l’Innovation, de l’Université du Littoral Côte d’Opale. Cet ouvrage concerne tous ceux qui s’intéressent non seulement à la gestion technologique de l’innovation, mais à la dynamique du changement dans les organisations.


Résilience organisationnelle : Rebondir face aux turbulences
Guy Koninckx, Gilles Teneau
De Boeck 2010, 295 pages.

La capacité de rebond des organisations face aux turbulences ou « résilience », est cruciale dans un environnement soumis à de forts changements. Cette capacité s’appuie sur les ressorts psychologiques propres aux individus, parties prenantes de l’organisation, et sur les comportements organisationnels. Les auteurs, professionnels du Conseil en entreprise, montrent au fil des chapitres qu’un cadre conceptuel adéquat permet de positionner les organisations sur des trajectoires de résilience. Pour parvenir à cela, le modèle CICERO est proposé dans le cadre d’une démarche opérationnelle s’appuyant sur un ensemble d’outils, de moyens et d’indicateurs de mesure de la résilience en organisation. Tout responsable confronté à la mise en place de conditions favorables à l’émergence de la résilience trouvera dans cet ouvrage un cadre méthodologique original étayé par des retours d’expérience et des études de cas.


Les grandes approches théoriques du système d’information
François Xavier de Vaujany
Hermès Lavoisier 2009, collection Management et Informatique, 239 pages.

De nombreuses théories ont été développées pour appréhender les systèmes d’information (SI). Elles autorisent une meilleure compréhension des SI tout comme leur conception et leurs usages. Cet ouvrage présente une synthèse magistrale de l’ensemble des travaux sur le sujet et permet d’y voir plus clair en matière de théories relatives aux SI. L’auteur, Professeur à l’IAE de Grenoble et chercheur au CERAG, adapte une démarche originale en présentant les théories du SI en fonction du processus étudié, par objet de recherche, ou selon le projet auquel elles sont appliquées. Tous ceux qui aspirent à mieux comprendre les théories des SI et les contextes dans lesquels elles peuvent s’appliquer, trouveront dans cet ouvrage matière à analyser et à s’approprier ces dernières.


Pôles de compétitivité, innovation et entrepreneuriat
Jonathan Potter et Gabriela Miranda
OCDE, 2009, 263 pages.

La mondialisation des connaissances s’appuie de plus en plus sur la dimension locale. Les activités d’innovation sont de plus en plus concentrées au sein de pôles d’entreprises et de centres de recherche. Les pôles constituent des sources croissantes d’innovation et de compétitivité générées au niveau local. Ils créent des conditions favorables aux gains de productivité, lesquels sont sources de croissance. Les pôles constituent ainsi une structure qui permet aux entreprises de relever plus facilement les défis du développement international. La création et le développement de pôles nécessitent des dispositifs d’aide et des politiques publiques régionales ou nationales spécifiques. Cet ouvrage met en relief, selon une méthodologie éprouvée, les facteurs ayant contribué au succès de grands pôles de compétitivité mondiaux. Le pôle de référence pour la France est le pôle « Minalogic ».  Les étapes du développement du pôle grenoblois sont décrites comme les retombées économiques et sociales de l’évolution de cet écosystème dans la durée. Les auteurs font partie du Centre pour l’entrepreneuriat, les PME et le développement local de l’OCDE. Ils s’intéressent à l’impact des pôles dans les pays membres de l’OCDE sur les performances de l’entrepreneuriat local. A partir des exemples analysés, des recommandations sont formulées quant au développement des pôles. Cet ouvrage concerne non seulement les universitaires, mais les praticiens et les décideurs publics.


2. Jean-Jacques PLUCHART
Professeur à l’université PARIS I Panthéon Sorbonne

Gérer la performance sociétale
Jean-Pascal Gond
Edition Vuibert (collection FNEGE), 371 pages.

L’ouvrage, issu d’une thèse de doctorat, restitue une réflexion approfondie sur une des grandes problématiques de l’entreprise du XXIe siècle : comment évaluer la performance sociale de l’entreprise (PSE) ? Quelle relation établir entre la PSE et la performance financière ? L’auteur (professeur à HEC Montréal) constate que la conceptualisation de la PSE a suivi plusieurs logiques (de synthèse, d’intégration, d’absorption, d’évaluation) et a donné lieu à des « glissements » sémantiques, théoriques et idéologiques. Il dégage quatre dimensions de la PSE : fonctionnelle (elle résulte de stratégies et de processus), politique (elle dépend de relations de pouvoir), culturelle (elle repose sur des valeurs), socio-cognitive (elle est « co-construite » avec les parties prenantes). Il montre les limites des approches quantitatives visant à vérifier -sinon à justifier- les « superformances » des investissements socialement responsables (ISR) et souligne l’intérêt d’une approche qualitative -dite « business case »- de la PSE, basée sur des récits d’expériences de responsabilisation sociale d’entreprises. Il illustre sa démonstration par l’étude du cas de la création et du développement de l’agence française de notation Arèse-Vigéo.


Histoire vivante de la pensée économique
Des crises et des hommes
Jean-Marc Daniel
Edition Pearson, 2010, 421 pages.

Dans la grande bibliothèque historique de la pensée économique, l’ouvrage de J-M. Daniel (professeur à l’ESCP Europe et chroniqueur au journal Le Monde) mérite une attention particulière. Sous sa plume « à la fois érudite et humaine », les idées économiques prennent vie, les auteurs s’interpellent, les théories s’affrontent, l’actualité fait écho au passé. L’architecture de l’ouvrage est à la fois classique (elle respecte la chronologie des écoles de pensée) et savante : de courtes biographies des pionniers, des synthèses pénétrantes de leurs travaux, des citations représentatives de leurs œuvres, des réponses aux grandes énigmes économiques de l’histoire, viennent constamment relancer l’attention du lecteur, tandis que des tableaux synoptiques lui évitent de s’égarer. L’érudition de l’auteur est ainsi servie par un double sens de la formule et de la synthèse. En conclusion, l’auteur relance courageusement le débat sur la crédibilité de la science économique. Il disserte sur l’incapacité des économistes à prédire les crises et souligne la dispersion à la fois des courants, des terrains et des perceptions des comportements économiques. Le lecteur –ainsi devenu homo oeconomicus– ne manquera toutefois pas de se demander pourquoi l’auteur cite Ostrom mais ignore Williamson, prix Nobel d’économie de l’année 2009.


Le taux d’intérêt dans un système financier islamique
Ali Toussi
Edition L’Harmattan, 122 pages.

La notion de taux d’intérêt soulève, depuis la plus haute antiquité (17e siècle avant JC), des problématiques relevant de multiples champs de la connaissance. La question de l’usure a suscité des controverses parmi les théologiens de toutes confessions, et parmi les philosophes et les historiens de toutes les écoles de pensée. La fixation du taux d’intérêt a également provoqué des polémiques entre les économistes et les hommes politiques de toutes obédiences. L’auteur (enseignant-chercheur à l’université de Téhéran) analyse les différentes interprétations de l’usure et du taux d’intérêt dans la charria islamique, puis en présente les différentes techniques alternatives. Il montre qu’actuellement s’affrontent deux groupes de théoriciens et de praticiens du système financier islamique : le premier - dit « fondamentaliste » - reste attaché au « riba », assimilable à une forme de « banque-industrie » à l’allemande ; le second – qualifié de « moderniste » - rejette la spéculation mais pourrait considérer comme licite l’intérêt appliqué au financement d’investissements productifs. La domination du premier groupe par le second entraînerait « une véritable révolution dans le monde islamique ».


La banque dans un système financier islamique

Ali Toussi
Edition L’Harmattan, 120 pages.

Le système bancaire islamique s’étend, au-delà du monde musulman, aux nombreux « guichets islamiques » créés par les banques occidentales. Il suscite l’intérêt des praticiens et des théoriciens de la finance, en raison de la résilience du système face à la crise de 2008, de la croissance soutenue de l’épargne collectée et des investissements financés par le système, mais aussi des principes éthiques, fixés par la « charria », qui régissent ses opérations. Le taux d’intérêt y est remplacé par un ensemble de techniques originales –souvent anciennes– qui conduisent en pratique les banques islamiques à partager les profits, mais aussi les pertes, des opérations qu’elles financent. Les risques entraînés par ce partage des résultats obligent les banquiers à gérer le risque de crédit avec plus de rigueur que leurs homologues occidentaux. Cette forme de « gouvernance bancaire partenariale » est radicalement contraire à la gouvernance actionnariale, qui fonde l’économie néo-libérale, où l’actionnaire est considéré comme le seul « créancier résiduel », et, à ce titre, comme le principal bénéficiaire de la valeur économique créée par l‘entreprise. Mais le système bancaire islamique s’affirme également comme étant la principale alternative actuelle au système encadré par les autorités de Bâle, dont certains principes sont actuellement débattus au sein de la communauté financière internationale.

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